Catégorie : Interviews

Conversation avec … Marie Pénélope PERES

Conversation avec … Marie Pénélope PERES

Marie-Pénélope PERES est auteure  de "Sagesse et pouvoir du cycle féminin" 

Artiste – Danse et Mouvement – Accompagnante en Féminité holistique

marie-penelope-peres

J’ai rencontré Marie-Pénélope lors de mon premier Festival du Féminin. Elle a été la première personne avec qui j’ai pu aborder la question des ressources du cycle et de l’auto-observation avec la symptothermie.

Je me rappelle de son calme et de sa douceur. Elle a su me mettre en confiance sur le chemin de l’apprentissage du cycle, alors que j’avais l’impression d’être en bas de la montagne, partagée entre l’excitation de ce nouveau voyage et la panique face à l’envergure des changements que cela impliquait. J’ai de suite acheté son livre « Sagesse et pouvoir du cycle féminin », qui est une pépite pour comprendre le fonctionnement du cycle féminin.

 

J’ai voulu en savoir plus sur cette pionnière du cycle et de la danse contraceptive en France.

Comment te définirais-tu Marie-Pénélope ?

Je suis à un  moment de ma vie passionnant où les choses se rassemblent en moi, s’unifient.

Je fais partie des personnes qui vont mieux en vieillissant.

J’ai un parcours où j’ai fait des plongeons dans des choses variées et riches. J’ai eu souvent l’impression d’être écartelée entre différentes voies, de devoir choisir et de ne pouvoir choisir car tout m’était vital, car tout était lié. 

Depuis quelques années une paix s’installe par rapport à ce chemin fait. Je me surprends moi-même en voyant les choses s’intégrées d’elles-mêmes et dont je fais mon miel.

"Je suis dans une période plus valorisante, épanouissante car il y a moins de tiraillements."

Qu’est ce qui t’a amené à l’approche holistique du féminin ?

C’est avec l’âge que je peux mettre des mots sur cela.

Je me rends compte qu’il y a plusieurs questions autour de « qu’est-ce qu’être une femme ? », qui m’ont habitées fortement depuis l’adolescence.
Au fil des rencontres, des chemins, des expériences et assez tôt dans ma vie d’enseignante, j’ai dû répondre à des questions de femmes sur des questions existentielles et des questions liées au corps. Notamment quand j’ai travaillé dans une maison autour de la naissance, qui faisait uniquement de l’accouchement à la maison.

On était une magnifique équipe d’enseignants, thérapeutes autour des questions du féminin, sur ce que la femme vivait à travers sa sexualité, son corps. C’était un lieu laboratoire j’expérimentais à partir de mon intuition et de mes recherches personnelles.

Parmi les femmes que je suivais pendant leur grossesse, nombreuses d’entre elles étaient du milieu artistique, spectacle vivant le plus souvent, où le corps est presque un outil de travail. 

Elles ont senti dans la manière dont je faisais la préparation à la naissance, et dans lesquelles elles puisaient quand elles étaient sur scène. Elles revenaient me voir après la naissance de leur enfant et je leur proposais alors de continuer le travail sur soi par l’exploration du cycle menstruel et de ses interactions avec le psychisme.

C’était le début du mouvement des doulas et du grand boum du maternage proximal.

Comment as-tu reconnecté avec la connaissance du cycle féminin ?

D’abord parce que je m’en suis fortement déconnectée !
A 11 ans j’ai été victime d’un abus sexuel qui m’a fortement déconnectée de mon corps. Je sentais confusément que je n’avais plus accès à mon ventre, à mon bassin, tout s’était verrouillé. Alors que depuis toute petite je m’exprimais et m’équilibrais de manière très instinctive par le corps en faisant spontanément de la danse et de la gymnastique ; j’ai ressenti comme une mort.

À l’arrivée de mes règles, j’ai eu l’impression d’être très seule avec  cette expérience nouvelle à vivre, d’autant plus que j’avais désormais peur de cette région de mon corps, une peur non-formulée, pas réellement identifiée, et de ce fait d’autant plus anesthésiante.

Néanmoins, après la 1ère année de menstruations je n’ai plus eu de douleurs et la période de quelques années qui a suivie a même été agréable à vivre. Mon cycle était devenu comme une boussole intérieure, qui me faisait du bien, je trouvais un ancrage dans cette rythmicité qui revenait à intervalle régulier, stable.

A 16 ans j’ai pris une pilule progestative (car j’avais un taux de cholestérol qui ne permettait pas l’usage de la pilule classique œstrogène + progestérone), qui se prend en continu et qui rend le cycle anarchique. La perte de ce bio-rythme avec lequel j’étais bien et qui était devenu important dans ma vie (sans jamais l’avoir verbalisé), m’a ravagée et coupée de mon corps,une
fois de plus. Je n’ai pas su en parler, je l’ai vécu et subi. 

C’était entre 16 et 18 ans, au moment où l’on construit beaucoup de choses dans la relation à l’autre, au groupe, au clan, la communauté des jeunes. J’ai ressenti un grand changement dans ma capacité d’être à l’écoute de moi, de prendre soin de moi. C’est un ressenti très intérieur. C’est un ressenti personnel, comme si le gardien de mon espace, de mon périmètre n’était plus là. Je le relie vraiment à cette absence de connexion avec mon cycle.

 

Sous pilule, je n’étais plus dans mon état normal et je pense que j’étais dans un état dépressif. La perte de ce rythme m’a profondément perturbée. Quand à un moment j’ai repris la pilule pendant quelques mois, je me suis aperçue qu’elle me rendait malade. En étant dans un état dépressif, on fait des choses que l’on peut regretter plus tard lorsque l’on sort de cet état.

Quand j’ai décidé d’abandonner totalement la pilule (après en avoir essayé plusieurs, avec toujours autant d’effets secondaires) ça a été une immense bouffée d’oxygène dans ma vie. C’est sur la base de cette expérience que j’ai alors entrepris mes recherches sur le cycle féminin, appris à observer mon cycle, à gérer ma fertilité d’abord avec la méthode Billings (observation et la sensation de la glaire cervicale) que j’ai découverte en fouillant dans le rayon contraception de la librairie La Procure à Paris (Eh oui ! il n’y avait pas encore internet à l’époque, et les informations sur la méthode d’observation de la glaire cervicale ne se trouvait que dans les organisations chrétiennes !) puis avec la symptothermie – méthode qui m’a complètement passionnée – conjuguée aux méthodes barrières, selon les contextes de ma vie.

Quand j’ai mis en place la pratique de la symptothermie, vers 21 ans , j’ai retrouvé cette sensation rythmée agréable que j’avais connue.

A partir de cette période profondément riche d’auto observation, j’ai retrouvé cette part instinctive, cette part femelle, qui veille à son propre territoire, capable de flairer ce qui est bon ou pas pour soi. C’est ce que dorénavant j’essaye de transmettre.

Peux-tu faire un bilan de ta pratique de la méthode symptothermique ?

J’ai été tellement émerveillée par cette découverte que pendant des années j’ai été extrêmement précise et organisée sur la tenue de mes calendriers, que j’ai enrichis au fur et à mesure, en identifiant des liens entre corps et esprit, entre étape du cycle et langage des rêves, entre maux et émotions. Je me rends compte combien cette didactique d’apprentissage du cycle a été fabuleuse. J’ai pu suivre toute l’évolution de ma fertilité en conscience.

J’ai pu être en confiance avec ce que je vivais dans la profondeur de mon être, car le langage du corps nous permet de comprendre ce qui se passe et ce qui se joue en nous, notamment notre relation au désir d’enfant.

Il est difficile de cerner les contours de ce désir d’enfant, c’est quelque chose qui a des ramifications beaucoup plus lointaines que l’on ne pense. On peut avoir aussi des conditionnements plus importants qu’on ne le pense. Tant que nos ambivalences sont inconscientes on peut se duper soi-même, et cela influe considérablement sur notre manière de gérer notre fertilité, notre contraception, notre auto-observation. Je me suis beaucoup servi de l’ auto-observation de mes propres ambivalences pour creuser plus loin dans la compréhension de ce qui sous-tend notre capacité à prendre en charge notre fertilité et notre contraception, ou au contraire nous entrave.

C’est en faisant face à la question du désir d’enfant que j’ai abordé les archétypes pour comprendre. Il y a plein d’aspects de moi que je n’aurai pas touché, des ombres dans lesquelles je ne serais pas descendue sans cette recherche.

Ces outils d’auto observation font partis de la base de la santé féminine, donc quand j’accompagne les femmes je les enseigne tout le temps.

De plus, ces outils sont sécurisants. Ils permettent de rester connectée à soi, à travers les grands bouleversements physiologiques et intérieurs que sont les grossesses, les périodes de maternage/ d’allaitement, les fausses-couches, les avortements, les hauts et les bas de notre vie sexuelle, les prémices des transformations à l’abord de la pré-ménopause, la pré-ménopause elle-même, la ménopause ensuite.

Les femmes peuvent retrouver à la pré-ménopause des symptômes et des perturbations intérieures aussi fortes que ce qu’elles ont pu connaître à l’adolescence.

À la différence de la puberté où le changement hormonal vient avec une énergie et une puissance hormonale en pleine expansion ; la ménopause -elle- est accompagnée d’une puissance hormonale qui décroît. Je ne veux pas dire qu’il n’y a pas de puissance à contacter à la ménopause, mais qu’il y a une inversion des forces qui nous animent. C’est un énorme changement, une transformation.  Le changement va durer quelques années où l’organisme – et tout l’être – doit trouver ses ressources pour atteindre un nouvel équilibre. Puberté et Ménopause sont 2 moments de notre vie en miroir

Je trouve dommageable d’attendre le dernier moment pour intervenir avec les pratiques de santé naturelles, de se dire que ce n’est que dans la tête et de mettre de côté désagréments et maux. Car plus le corps va peiner dans cet effort d’adaptation et plus des manques et des vides vont se creuser dans l’organisme, avec pour corollaire du mal-être intérieur.

Pour revenir à ta question de départ, je dirai donc que mon parcours de vie et la réappropriation de mon cycle féminin m’ont conduit à développer des qualités de chercheuses et à les mettre en pratique dans des domaines qui peuvent paraître éloignés : l’étude de l’anatomie, la naturopathie, l’anthropologie, la mythologie comparée, l’herboristerie, les pratiques corporelles somato-psychiques, l’art-thérapie.

Est-ce qu'aujourd’hui ton travail se concentre que sur la transmission des femmes ?

Oui et non ! Car tout un pan de mon enseignement en pédagogie perceptive par le corps concerne autant les hommes que les femmes. Mais effectivement, pendant une période de ma vie c’est la transmission aux femmes qui a pris le dessus, pour différentes raisons.

Là je sens qu’à nouveau j’ai besoin de re-nourrir ces autres parties de mon travail qui sont dédiées aux groupes mixtes, notamment avec mes ateliers de pédagogie perceptive de la respiration et de présence à soi, qui me vient pour majeure partie de ce que j’ai appris auprès d’Yvette Clouet (fabuleuse enseignante de la méthode « habiter son corps » à Marseille).

Pourquoi transmettre la danse contraceptive ?

"Je la vois comme un patrimoine de l’humanité, et un droit de naissance
quand on naît femme"

Nous ne sommes pas très nombreuse à la transmettre je n’ai pas envie qu’elle disparaisse.

On est à une époque où une grande opportunité d’éveil est possible, pour que la conscience humaine grandisse. Ces pratiques font parties de petits éléments qui peuvent enclencher et accompagner cet éveil. En tant que femmes ont à tout intérêt à renforcer nos racines.

L’histoire des femmes à travers l’Histoire avec un grand H est jonchée de limitations subies (pour ne pas dire plus). Face à ça notre réflexe a majoritairement été de chercher à faire comme si on était en tous points pareil aux hommes. Il y a un chantier en cours pour retisser notre histoire avec le fil des transmissions féminines. S’occuper de notre terreau, l’arroser, prendre soin de nos racines instinctives féminines. Apprendre à aimer la femelle en nous, sans la honte qui allait de soi dans toutes ces cultures qui ont voulu nier le corps, et tout particulièrement le corps de la femme et sa sexualité.

Je suis frappée par le manque d’ancrage chez les femmes et la perte du corps, chez nous occidentales. 

Le féminin est relié à la matière, à l’incarnation, à nos racines.

Je ne pense pas que l’on puisse accoucher de cette part de nous-mêmes, qui contient la promesse de nous ramener sur une nouvelle voie d’équité que l’on cherche tant  entre hommes et femmes, en faisant abstraction de notre corps. En plus les hommes, ici, en occident sont très demandeurs de côtoyer des femmes qui plongent vraiment dans leurs racines. C’est ce qu’ont à faire les générations actuelles. Retrouver le corps. Sa sagesse.

Beaucoup de femmes sont très timides par rapport à leurs corps. La danse contraceptive fait partie de ces expériences de connexion à la puissance archaïque du corps et la richesse de son intériorité sensorielle. La nature nous veut libre de notre fertilité et on peut effectivement déclencher nos règles et terminer notre cycle !

Ce n’est pas une panacée (parce que ça demande un engagement fort dans la pratique corporelle) mais une opportunité extraordinaire de reconnexion.  C’est une expérience initiatique.

On dit « danse » car on met de la musique pour se stimuler mais ce sont des mouvements plus qu’une danse. 
C’est Aviva Steiner qui les a repéré en étudiant les danses de fertilité dans le monde, comme des mouvements de base, universels. C’est en les pratiquant qu’elle a découvert qu’il y avait une puissance d’interaction avec le cycle hormonal.

Malgré la simplicité de ces mouvements, nombreuses sont les femmes qui ont du mal à les faire, à rentrer dans l’énergie qu’ils demandent ainsi que dans la justesse du geste et ceci doit nous questionner sur la distance qui s’est effectuée entre notre pensée et notre corps.

Il y a, je crois, de nombreuses questions à se poser avec honnêteté. Que penser, par exemple, des concepts de spiritualité Amérindiennes – tronquées de leurs propres contextes – qui prennent une telle place dans la tendance actuelle ? Que penser des concepts new-age qui abondent dans le courant du féminin qui s’autoproclame féminin sacré …. ? On a soif de mettre du sens sur nos vies de femmes, on a soif de redécouvrir le sacré de nos corps de femmes, mais soyons attentives à ce réflexe que nous avons tous et toutes qui conceptualise au détriment de la véritable expérience du corps. Nous avons besoin, l’humanité a besoin, de l’intelligence du corps, de l’humilité du corps, de sa simplicité, de son rapport à l’instant présent, de sa faculté à unir ce que le mental, lui, divise.

Je suis sensible au travail de Starhawk. Dans son livre « Réver l’obscur : femmes, magie et politique », elle a une profonde réflexion sur ce sujet et met en parallèle l’immense potentiel actuel de prise de conscience et le risque d’idéalisme concomitant. Elle aborde la différence entre l’immanence et la transcendance.

La première fait partie de la part féminine dans tout être, et c’est sûrement ce que les femmes ont à incarner, à travers leur manière d’être, d’agir, de penser. Si on ne le vit pas par le corps alors on est encore dans la transcendance (dans une spiritualisation mentalisée qui, certes,  séduit l’esprit, mais à nouveau divise). Alors que dans un pays comme le nôtre, nous, les femmes ont a la possibilité de mener toutes sortes d’expériences à travers notre corps, d’oser,  j’ai peur, parfois que l’on passe à côté.

Cette danse contraceptive nous rappelle qu’il y a tout un pan de nous que l’on ne connaît pas, et, si on ose s’y plonger, elle ouvre bien des portes.

Y a-t-il des prérogatives pour apprendre cette danse ?

Oui, pour plusieurs raisons.
D’abord, simplement parce que pour pouvoir se rendre compte si oui ou non, j’ai moi-même déclenché mes règles grâce aux mouvements, il faut un repère concret. Donc la prérogative principale, c’est d’avoir des cycles réguliers.
A partir de là, je peux choisir d’apprendre cette pratique soit dans le but de vivre l’expérience en tant que telle : je peux déclencher mes règles avec les mouvements du corps. (C’est déjà une très belle expérience !). Soit dans le but d’intégrer cette pratique comme outil de contraception.

A ce moment-là l’aspect contraceptif impose une rigueur, on ne peut pas transiger sur notre engagement si on l’utilise dans ce but. Donc une autre prérogative entre jeu, c’est de savoir déjà déchiffrer sa fertilité avec les méthodes d’auto-observation.
Donc pour résumer, les prérogatives sont : un cycle régulier et la pratique de l’auto-observation de la fertilité.

Aurais-tu une recommandation ?

Allez explorer son corps de multiples façons pour ne pas s’enfermer dans une méthode. Etre curieuse de cette part de soi dans la matière, de l’intelligence du corps, qui est source d’unification, de reliance et qui va permettre d’équilibrer le cerveau et de développer de nouvelles aptitudes pour l’avenir de l’humanité.

En février 2019 Marie-Pénélope PERES, lancera une  formation en ligne sur la GYN-ÉCOLOGIE HOLISTIQUE ©.

Redonner la connaissance du fonctionnement du corps à la femme, afin qu’elle se reconnecte à ses besoins, à sa réalité biologique, sa structure, ses systèmes…  Une relation peut alors commencer entre la femme et son corps, faite de confiance et non de défiance.
En apprenant à s’auto-observer, pour participer pleinement à sa vie gynécologique, gérer sa contraception, et/ou déceler d’éventuels déséquilibres à la racine, base de la prévention.
 
PRÉINSCRIS-TOI POUR BÉNÉFICIER DES TARIFS EARLYBIRD AVANT LE 24 DÉCEMBRE !

Marie-Pénélope PERES

 auteure  de ” Sagesse et pouvoir du cycle féminin “ 

Artiste – Danse et Mouvement – Accompagnante en Féminité holistique

Contact :

marie.peres.or@gmail.com

06 22 24 54 54

Conversation avec … Cécilia GAUTIER

Conversation avec … Cécilia GAUTIER

Cécilia GAUTIER est consultante en gestion naturelle de la fertilité et soutien holistique de la santé intime en Italie et en France.

Elle nous fait découvrir la Méthode Arvigo et le Stage Parcours holistique en santé utérine pour les professionnels.

Cecilia-Gautier3

Au cours de mes recherches je suis tombée sur le site de Cécilia qui parlait de la Méthode Arvigo.

A l’affût des méthodes  non conventionnelles pour soigner le féminin, j’ai voulu en savoir plus …

Qui es-tu Cécilia ?

J’accompagne les femmes à soutenir leurs corps en particulier leur système reproducteur de manière naturelle. Cela comprend la santé intime, les problématiques gynécologiques et la fertilité.

Comment tu es venue à t’intéresser à la gynécologie?

C’est un long parcours qui a commencé par une recherche personnelle à une époque où il y avait moins d’informations que maintenant surtout en ce qui concerne la pilule, ses effets secondaires et la manière de gérer la fertilité au naturel.  La méthode symptothermique n’était pas connue.

Après avoir découvert un livre sur cette méthode j’ai cherché une enseignante et un monde s’est ouvert à moi. J’ai pu comprendre que les phases du cycle n’étaient pas qu’énergétiques mais pouvaient être lues de manière précise avec les symptômes du corps.  De plus on pouvait devenir totalement autonome sur la gestion de la fertilité. Cette rencontre a été tellement forte que j’ai décidé de devenir enseignante de la méthode symptothermique du Dr Roetzer

J’ai suivi la formation de monitrice de la méthode symptothermique à l’institut INER à Vérone, pendant 2 ans. Cet Institut organise également la formation continue obligatoire, ce qui permet de tenir à jour les connaissances.

En commençant ma formation en Italie j’ai constaté qu’il y avait un manque d’information au sujet de la fertilité, tant pour éviter les grossesses que pour les faciliter.

15% des femmes souffrent de douleurs intimes très fortes

Elles ne trouvent pas de support adéquat car il n’y a pas assez d’informations médicales à ce sujet.

C’est en poussant mes recherches que j’ai découvert les traitements abdominaux Arvigo®, d’origine Maya.

Je me suis formée à cette technique car elle donne une clé de lecture sur la santé féminine et en particulier sur la position de l’utérus et de toute l’influence que cela peut avoir sur la cyclicité en général mais aussi sur différentes problématiques de la femme en général, du physique à l’émotionnel.

J’ai ensuite allié tout cela aux thérapies énergétiques que j’approfondissais depuis plusieurs années, pour mieux soutenir les femmes en fonction de leurs besoins et de leur parcours.

Apparte :

la Symptothermie ou méthode symptothermique ou des indices combinés … (le nom dépend de l’école où les personnes ont été formées), prenant de l’ampleur, vérifier la formation des personnes qui vous accompagnent. Les différentes écoles sont citées dans l’article ci-après.

Qu'entends-tu par thérapies énergétiques ? 

Ce sont des traitements qui agissent sur les nadis (circuits énergétiques). On va toucher certains points du corps pour aider la personne de manière holistique afin qu’elle puisse retrouver un équilibre émotionnel, mental, spirituel et physique, avec l’aide des huiles essentielles.

Les aspects énergétiques et émotionnels chez la femme sont tout aussi importants que l’aspect physique

Souvent on trouve des accompagnants spécialisés uniquement dans l’un ou dans l’autre.

Les aspects émotionnel et psychologique permettent de faire des élaborations mais il y a besoin de correspondance physique pour pouvoir libérer les mémoires cristallisées  dans le corps. Agir aussi physiquement permet d’aller plus profondément pour que le corps puisse se libérer, mais en conscience.

Comment as-tu rencontré la méthode Arvigo® ?

Lors de la rédaction d’un mémoire sur le soutien naturel des couples en hypofertilité (fertilité basse, lorsqu’un couple a essayé pendant plus d’un an de concevoir un enfant), je suis tombé sur un paragraphe expliquant la méthode Arvigo® dans un livre sur le yoga et la fertilité. 

J’ai fait une 1ère formation : Self care Arvigo ®, d’introduction à la méthode sur la position de l’utérus et tout ce que l’on pouvait faire pour appliquer la méthode à soi-même, sans être dans une approche d’aide à l’autre.

J’ai trouvé des éléments que je n’ai pas trouvés ailleurs, tel que les causes et conséquences des différentes positions de l’utérus. Sa position est fondamentale dans la compréhension et l’équilibre de tout le système.

Je pense que c’est une information nécessaire à toutes les femmes dans le but de soutenir une fertilité future et pour soutenir leurs corps avant une grossesse. L’utérus devrait avoir une capacité naturelle à s’auto-nettoyer mais par nos styles de vie il peut être soumis au stress, ce qui nécessite parfois l’évacuation de certaines choses pour accueillir au mieux un enfant, notamment les matières de l’endomètre avant de retrouver un sang rouge, frais, sans douleurs.

La période pré-conception est tout aussi importante que la naissance pour le début d’une nouvelle vie sur cette planète.

J’ai décidé de poursuivre la formation avec l’institut Arvigo® aux Etats-Unis.

En quoi consiste la méthode Arvigo®?

Il s’agit de techniques pouvant être utilisées en autonomie à la maison, et de traitements en cabinet. Ce dernier travaille de manière externe uniquement, avec un traitement entre le pubis et le sternum, donc sur tout le ventre, et derrière sur le dos, le sacrum et le coccyx. Les zones les plus intimes qui sont touchées sont le pubis et le coccyx. Ce traitement va assouplir tous les ligaments qui maintiennent l’utérus. On ne va pas le repositionner, on facilite l’apport en oxygène et en nutriments aux organes par les artères, pour qu’ils puissent se libérer des toxines via le système veineux et lymphatique. Cela aide à régénérer tous les organes.

Ceci aide les ligaments de l’utérus, qui se renforcent et soutiennent l’utérus qui, s’il le souhaite, va naturellement se replacer dans une position plus optimale.

On aide ainsi le corps à retrouver un équilibre. L’utérus pourra quand il le désire se repositionner.

Cet enseignement est transmis à la femme pour qu’elle puisse le faire chez elle, en autonomie.

Est-ce que cette technique est recommandée lorsque l'on sait que l'on a un problème gynécologique ou simplement dans une hygiène quotidienne ?

Les deux. Le plus souvent les femmes qui viennent me voir ont des problématiques et sont bien suivies au niveau médical, et aussi au niveau ostéopathique et/ou psychologique. Il est important d’avoir un accompagnement englobant plusieurs disciplines pour prendre en compte la personne dans sa totalité

En plus du traitement abdominal il y a les cataplasmes à base d’huile de ricin. Ils aident énormément à dissoudre les cicatrices et les adhérences qui peuvent empêcher les organes de fonctionner de manière optimale.

On utilise aussi les vapeurs vaginales ou bains de vapeur. Ce sont des techniques ancestrales avec des effets profonds. Elles agissent de manière physique pour rétablir une circulation dans le bassin mais aussi de manière émotionnelle. Cela aide à dissoudre les parois de l’utérus (l’endomètre) qui peut avoir des restes de règles précédentes qui ont pu durcir provoquant des douleurs,  comme des pertes marron en début ou fin de menstruations.

Que penses-tu de l'engouement naissant autour de ces bains de vapeur vaginaux ?

Je pense que cette méthode ne devrait pas être faite en totale autonomie suite à la lecture d’un article, car il s’agit de modalités qui agissent profondément dans le corps et sur la libération cellulaire.  Il y a des critères et des contre-indications : comme en cas d’infection, la vapeur et la chaleur peuvent augmenter la charge bactérienne.

À partir d’un questionnaire détaillé avec des questions sur l’histoire de la personne, je peux savoir quelles modalités seront les plus bénéfiques pour elle et les précautions à prendre.

J’enseigne tout ceci dans les entretiens individuels afin que la femme gagne en autonomie pour le faire chez elle, sans risque. 

Quel est ton pourquoi ?

Je pense que le féminin est encore trop meurtri et encadré, c’est pour cela que je cherche à faire gagner les femmes en autonomie, à pouvoir les faire se reconnecter avec le plus de profondeur possible par un vécu dans le corps et par des libérations profondes. La planète a besoin du féminin en ce moment et on peut commencer par nous-mêmes !  

Par ce biais j’ai trouvé un équilibre en proposant un accompagnement qui porte vers l’autonomie. Je fournis toutes les clés par un accompagnement individuel de façon à ce que la femme puisse se connaître en profondeur ainsi que toutes les précautions à prendre. Les femmes françaises sont prêtes pour ça !

Ce qui m'amène à t'interroger sur ta vision de la femme et vois-tu une différence entre les françaises et les italiennes ?

Les françaises sont plus proactives : elles vont demander plus d’avis, vont chercher activement des informations et être plus critiques afin de se faire leur propre opinion

Même si en Italie les femmes ont une volonté de chercher de l’information, la voie de la médecine allopathique seule est majoritaire, avec une médicalisation très importante. Les femmes commencent à se positionner et à devenir actrices de leur santé notamment dans le domaine des violences obstétricales

Peux-tu en dire plus sur la formation pour thérapeutes que tu proposes cet été ?

Je propose un stage : parcours holistique en santé utérine, du 24 au 28 juillet 2018 à 50 min de Gènes.

Cette formation est la transmission d’une vision qui regroupe plusieurs aspects des domaines physique et  énergétique dans le soutien de la femme. Elle est pensée comme une retraite pour permettre à toute femme d’approfondir tant les bases scientifiques qu’énergétiques dans un espace de transformation intérieure.

Il me semble qu’il peut y avoir de la solitude dans le vécu d’une femme et dans l’accompagnement. Il est important d’avoir des espaces protégés dans lesquels on puisse confronter et échanger sur notre vécu, d’autant plus sur des thématiques qui ne sont souvent pas simples.

La retraite est proposée dans un parc naturel à côté de Gênes, limitée à 5 personnes pour pouvoir rentrer en profondeur. Il n’est pas nécessaire d’avoir des connaissances sur des problématiques féminines car cela sera abordé dans la formation

On entrera dans le détail de l’anatomie féminine, de la physiologie, du cycle, de différentes problématiques ainsi que des moyens de les soutenir.

Betty Maïam, créatrice de synergies aromatiques et experte d’aromathérapie intégrale, m’accompagnera en apportant ses approfondissements en aromathérapie touchant l’émotionnel et le vibratoire. Elle partagera l’utilisation des huiles au féminin et des rituels appris dans des communautés de cultures traditionnelles.

Connaître le fonctionnement de son corps et en particulier celui de son cycle menstruel est très formateur pour moi dans la réappropriation de son corps. Cependant la majorité des femmes sont sous contraception hormonale.

Quelle est la pertinence d'affiner les traitements des femmes lorsque leur cycle est stoppé par les hormones chimiques ?

C’est au cas par cas. En premier lieu il faut identifier pourquoi la femme a besoin d’une contraception et pourquoi a-t-elle identifié la contraception hormonale comme étant la plus adaptée.

Si c’est effectivement le meilleur choix pour elle, elle peut soutenir son corps pour que les effets secondaires des hormones chimiques soient les plus bas possible : en soutenant le système digestif, le foie, pour détoxifier les hormones de synthèse en aidant l’endomètre. Ceci permet ainsi à tout le système d’avoir une bonne circulation malgré son atrophie due à la pilule

Si la femme prend la pilule car elle n’a pas trouvé d’alternative c’est l’occasion de lui parler de la méthode symptothermique.

Si elle prend la pilule pour des raisons gynécologiques, il faut étudier au cas par cas selon la problématique. Par exemple un soutien du corps est effectué lorsque la femme est encore sous contraceptif dans les cas d’endométriose ou d’ovaires polykystiques afin qu’elle n’expérimente pas de règles douloureuses. Quand le corps commence à récupérer, avec l’accord et la supervision du médecin, la pilule peut être arrêtée pour voir comment le corps réagit et s’il va mieux tout en continuant à soutenir celui-ci pour éliminer les hormones de synthèse et retrouver un équilibre.

As-tu des cas d'endométriose qui ont été améliorés ?

J’ai eu un cas récent d’une femme qui risquait de subir une hystérectomie suite à son endométriose. Elle a énormément travaillé sur son endométriose pendant des années avec des spécialistes et le Luna Yoga  qui lui ont apporté des améliorations. Les traitements Arvigo® lui ont permis de passer à l’étape finale de récupération de son utérus. Son utérus est passé d’un état retroversé à un état normo positionné, alors que c’était héréditaire. Sa gynécologue lui a confirmé que les lésions endométriales avaient pratiquement toutes disparues et étaient retournées à un stade 1

J’ai également suivi d’autres cas avec des améliorations progressives mais certaines.

Par contre, je vois de plus en plus des cas de femmes qui ont peur d’aller mieux. Une peur surgit dès que la femme commence à aller mieux et quand elle doit abandonner la douleur elle ne sait plus comment faire, ni qui elle est sans la douleur.

C’est à ce moment-là que l’accompagnement psychologique est important afin de soutenir la personne dans cette transition.

Une recommandation ?

Écoutez-vous ! Votre corps, votre petite voix ! Continuez à chercher des réponses si les questions sont fortes en dépit des remarques de l’entourage, de l’environnement dans lequel vous évoluez. Les réponses existent !

Cécilia Gautier

Consultante en gestion naturelle de la fertilité et soutien holistique de la santé intime
en Italie et en France

www.lamandorla.eu

info@lamandorla.eu

J’offre un accompagnement à distance tant dans l’apprentissage de la méthode symptothermique selon Roetzer que pour les femmes qui souhaiteraient travailler sur des problématiques particulières. S’il y a besoin d’un traitement plus conséquent il faudra le faire en présentiel, mais il y a beaucoup de choses qui peuvent être déjà faites à la maison.

Mon cabinet est à Gènes mais je me déplace souvent sur Paris.

Je me déplace également ailleurs dès qu’un groupe souhaite être formé sur la symptothermie selon Roetzer ou pour des traitements.

Conversation avec … Eugénie Tabi

Conseillère en symptothermie, Eugénie retrace son parcours,
la découverte et la pratique de la symptothermie et
sa transmission auprès des femmes.

eugenie-tabi-portrait

Eugénie Tabi propose des consultations pour poser les bases de la méthode symptothermique : prise de température et analyse de la glaire cervicale, afin d’assurer une bonne compréhension et application de cette méthode dans son quotidien. 

Elle préconise les formations en symptothermie pour avoir les bases et démarrer en autonomie. Ce qui permet d’expérimenter quelques cycles toute seule en toute confiance, d’analyser les observations tous les 3 mois pour intégrer et de discuter de sa pratique.

- Qu’est-ce que la symptothermie ?

C’est une méthode d’observation de la fertilité qui détecte l’ovulation et donc des périodes de fertilité et d’infertilité féminine. Elle peut être utilisée pour favoriser les les grossesses ou comme méthode contraceptive.

L’utilisation de la symptothermie demande d’observer et de noter, sur un graphique, puis d’interpréter les signes de fertilité féminine suivants :
– la température au réveil ;
– les caractéristiques de la glaire cervicale et, au besoin, celles du col de l’utérus.

Eugénie a été filmée pendant une de ses formations à Paris : extrait de “Génération No Pilule”, un reportage diffusé sur la chaîne Téva en mars 2018.

- Qui es-tu ?

Je suis Eugénie Tabi, maman de 3 enfants.

Je me vois comme une aventurière, une exploratrice. Je vais là où le vent me porte. Je suis à l’écoute de mon intuition depuis longtemps, sans m’en rendre compte et aujourd’hui je m’aperçois de ce pouvoir et de ces capacités

J’aime ma vie en ce moment, 

c’est magique !

- Quel est ton parcours ?

Le choix a été difficile après le BAC. J’ai fait un BTS de Tourisme ce qui m’a amené à partir de ma campagne pour aller à Paris. Durant cette période j’ai pris une grosse claque ! Je me suis découverte : c’est à ce moment que je suis devenue végétarienne, que j’ai arrêté la pilule et que je me suis ouverte et confrontée à d’autres cultures.

J’ai été recrutée par un label grâce 

à mon thème astral !

Après quelques détours j’ai travaillé dans un label de musique indépendant.  Une expérience géniale, à voyager et à tourner des clips … !

Suite à un licenciement économique j’ai monté ma première boîte de graphisme et je suis partie vivre à Dakar pendant 2 ans. Ensuite, je suis rentrée en France, pour vivre ma vie de jeune maman. Je me suis mariée et j’ai aujourd’hui 3 enfants.

- Peux-tu faire un bilan de ton évolution jusqu’à aujourd’hui ?

Je m’aperçois que pendant longtemps mon côté masculin et solitaire s’est exprimé, à la recherche de qui j’étais et de mon territoire. J’ai vraiment ressenti ma part féminine après mon troisième enfant. J’ai eu une prise une conscience quand j’ai refusé la césarienne programmée pour le troisième. Je n’ai eu que des accouchements par césarienne, qui ont été des expériences difficiles !

J’ai repris les rênes de ma féminité, de mon corps lors de cette troisième naissance. Je me suis rendue compte que j’avais des droits et que je pouvais les faire entendre. Même si le dernier accouchement ne s’est pas déroulé comme je le voulais, je me suis plus écoutée.

- Comment as-tu rencontré la symptothermie ?

Après la naissance de mon troisième enfant, il fallait que je revoie ma contraception. Les 2 derniers bébés étaient des bébés surprise car je pratiquais à l’époque la « méthode du calendrier » (je comptais les jours et j’estimais ma période fertile, sans autres observations). 

Ayant un utérus tri-cicatriciel dû aux césariennes et ne voulant pas de corps étrangers, j’ai cherché une alternative vraiment fiable. C’est là que j’ai découvert la symptothermie et ma part féminine, avec tout ce qu’implique un rythme cyclique et c’est génial !

La symptothermie a changé ma vie !

Pour moi c’est une belle méthode : le risque est faible et la contraception est efficace (avec un indice de Pearl (taux de grossesses non planifiées) de  0,4%. La pilule a un indice de 0,3%, lorsqu’elle n’est pas oubliée). Pendant ce temps de recherche j’ai pris conscience que je  voulais garder mon cycle naturel et sa rythmique et il était hors de question que je prenne la pilule ou d’avoir une intervention définitive.

- La symptothermie après plus de 2 ans de pratique ?

Plus tu pratiques plus tu trouves une distance par rapport à la méthode elle-même. Au début tu es très scolaire avec beaucoup d’observations. Plus tu deviens experte plus tes observations s’allègent sans pour autant être trop légères.

- Comment ont été tes débuts avec la symptothermie ?

Quand j’ai découvert la méthode, je venais d’avoir mon retour de couche (retour des saignements) et j’étais en allaitement. Autant dire que ça n’était pas le meilleur moment pour commencer !

Mais je me suis lancée en autodidacte avec le manuel gratuit de Symptothermie. J’ai tout de suite été  motivée pour pratiquer toute seule. Après il y a eu la possibilité de faire des formations  et dès qu’il y a eu des ouvertures pour devenir professionnelle, c’est devenu une évidence !

J’étais aussi dans une phase de ma vie où j’avais envie de trouver une activité qui me plaise et qui ait du sens. C’est un sujet qui me correspond bien et avec lequel je suis à l’aise. Je découvre les femmes comme des alliées qui sommeillaient à côté de moi jusqu’alors. Je me rends compte de l’universalité des femmes due à la cyclicité. Je suis heureuse de participer au processus de découverte de la part féminine que chaque femme incarne dans son énergie. Connaissant la nature cyclique des femmes et leur fonctionnement, je peux alors être leur miroir.

- Quel parcours as-tu du suivre pour devenir conseillère en symptothermie ?

Je me suis formée à la méthode de la Fondation SymptoTherm. Celle-ci englobe les variantes des autres méthodes. Elle peut ainsi s’adapter à tous les cycles. Avec cette méthode, les conditions sont plus larges, comme la montée thermique ; l’iconographie est sympa et moderne, bien synthétisée. En parallèle j’ai suivi une formation holistique à l’Institut Eden Fertilité, qui donne d’autres outils sur les pathologies, les dysfonctionnements que l’on peut trouver dans le cycle. 

Maintenant je fais de la veille, je vais dans le détail, dès que j’ai une cliente qui a un problème je me renseigne sur les différentes possibilités à explorer.

Ma compétence c’est la méthode symptothermique, que j’utilise comme outil d’analyse et qui permet de repérer des déséquilibres dans le cycle. Ensuite je conseille à la cliente d’aller voir tel ou tel médecin, naturopathe ou gynécologue pour regarder dans telle ou telle direction. Cette méthode permet de s’adapter au vécu de la personne.

eugenie-tabi-teva

Eugénie filmée pendant une de ses formations à Paris : extrait de “Génération No Pilule”,

reportage diffusé sur la chaîne Téva en mars 2018.

- Quel est ton point de vue sur les femmes d’aujourd’hui ?

Il est en train d’évoluer. La vie met aujourd’hui sur mon chemin un autre type de femme, qui est dans le même état d’esprit d’ouverture que moi.

J’essaie de semer des graines pour créer un pont entre l’approche spirituelle du cycle et l’observation des symptômes de la physiologie du cycle.

La symptothermie c’est se relier à la terre, c’est un ancrage, de par l’observation scientifique, biologique. Certaines femmes viennent juste chercher une méthode de contraception et je les amène sur une observation de leur cyclicité. D’autres ont déjà une approche spirituelle, ésotérique de leur cycle mais ne vivent pas leur cycle dans la matière et la symptothermie permet cet ancrage.

- Ta définition :

  • D’une femme : c’est difficile pour moi car je découvre encore tous les jours ce que cela veut dire. Ce n’est pas seulement naître dans un corps de femme, avec des organes de femme. C’est une personne qui exprime son côté intérieur féminin. Être une femme c’est accepter notre polarité intérieure, s’autoriser à exprimer notre part d’énergie féminine dans une société masculine.

  • Il est fréquent que les femmes soient en compétition avec les hommes et essaient d’être au même niveau, sur le même terrain, alors qu’en fait on a une place différente, mais pas inférieure ! Pour moi la femme est un couple intérieur avec des énergies féminines et masculines.
  • Du féminin : a des attributs et des capacités complémentaires du masculin. La nature cyclique est typiquement féminine : la force créatrice, le maternage selon les âges de la vie et les profils de femmes. C’est quelque chose d’accueillant sur le monde, de fécond, un réceptacle. Le féminin recycle comme la terre. Il peut percevoir des éléments du monde, les synthétise et les donne au monde sous une forme créatrice et bienfaitrice.

  • De la féminité : c’est l’expression du féminin. Ce sont les attentes de la société envers les femmes, dans leur façon de s’habiller, leur comportement social. Mais je pense que l’on peut être qui on veut et arrêter de se flageller avec les regards des autres.
  • - Est-ce que le cycle est une part indéniable de la femme ?

    Tout à fait puisque le cycle est lié aux organes féminins.

    _ Comment ça se passe si les femmes n’ont pas ou plus d’utérus ?

    _ Soit elles en ont eu un, soit il était prévu qu’elles en aient un. Elles sont femme aussi dans leurs chromosomes. Le cycle peut se voir dans sa globalité avec la physiologie, les hormones,  toute la mécanique qui va avec un corps de femme et non distinguer chaque organe. Par exemple à la ménopause les hormones sont toujours en mouvement même si elles ont diminué, elles continuent d’être ordonnées par le cerveau. 

    - Comment vis-tu tes cycles aujourd’hui ?

    Je les vis beaucoup plus en conscience qu’avant. Du fait de noter les observations quotidiennes j’ai un repère visuel, comme un miroir de ce qu’il se passe dans mon corps, sur le papier. D’un coup je sais dans quelle phase je suis, soit quand je me rends compte de mon comportement le jour même, soit après coup quand je relis mes notes. 

    L’annotation de ses observations sur papier permet un détachement par rapport à son cycle, alors que sur une appli mobile, on regarde plusieurs fois par jour, comme si on se regardait dans un miroir et alors on n’est pas dans notre ressenti, à l’intérieur de nous-mêmes. Comme le papier n’est pas toujours sous la main on a plus de temps pour s’observer en conscience et j’apprécie aujourd’hui la pratique papier.

    - Arrives-tu à anticiper des activités dans l’utilisation des énergies du cycle, d’un mois à l’autre ?

    Je me réfère plus à la lune. En fonction des actions qui ont bien marché durant le mois actuel, j’essaierai de planifier le même type d’action le mois suivant à la même phase lunaire. Je m’écoute chaque jour, je suis dans l’accueil de ce qui vient.  Selon mon énergie du jour, j’agis en fonction de ce que je ressens pour mettre à profit l’expérience. 

    Dans mon accompagnement j’encourage les femmes à s’observer elles-mêmes et leurs cycles afin de voir ce qu’elles ressentent.

    Je sais quand je suis fertile et que je ne peux pas tomber enceinte n’importe quand !

    Ces méthodes te permettent de t’ancrer dans le présent, de ne pas penser à demain et d’être confiante par rapport à ton cycle.

    Aujourd’hui je n’ai plus de peurs liées au fait de tomber enceinte, alors qu’elles étaient très présentes suites à mes 2 grossesses surprises. Ce qui se ressent dans la sexualité.  

    - Quel est ton pourquoi ?

    Ma motivation est de :

  • Transmettre mon expérience acquise avec la symptothermie,
  • Diffuser la connaissance sur le cycle,
  • Redonner aux femmes la connaissance d’elles-même.
  • L’outil de la symptothermie s’adapte aux buts recherchés par les femmes qui s’y intéressent.

    - Une recommandation, un partage ?

    J’invite les femmes à sortir des sentiers battus et d’aller voir derrière les lignes que l’on nous a tracées, de se renseigner, de vérifier, de chercher des alternatives aux propositions qui ne nous conviennent pas au lieu de nous en remettre aux professionnels, de comprendre ce qu’implique de prendre la pilule ou de mettre un stérilet, sur notre cycle et notre corps. 

    Ne pas vous conformer, exprimez qui vous êtes vraiment, de vivre comme vous l’entendez, de trouver ce qui fait votre bonheur.

    Eugénie TABI

    Formatrice & Conseillère en Symptothermie

    Accompagnement Holistique du Cycle Féminin

    à Reims, Région Grand-Est, Paris & en ligne

     06.46.17.85.09

    www.universelle.fr

    eugenie.tabi@gmail.com

    Aussi sur Facebook !

    Conversation avec … Audrey LOUPS

    Diététicienne-nutritionniste, formée à la médecine traditionnelle chinoise comme acupunctrice et diéthothérapeute, Audrey Loups partage ses ambitions, sa vision de la Femme d’aujourd’hui et du cycle menstruel.

    interview Audrey Loups

    J’ai connu Audrey lors de la formation « Féminitude » de Monique Grande. C’est le genre de nana à qui t’as envie de ressembler, elle dégage ce petit « je ne sais quoi ». Si en fait je sais, ce qui m’a attirée en elle c’est sa facilité à être elle-même, à être en contact avec sa petite-fille intérieure avec qui j’ai l’impression qu’elle joue souvent. Je la revois danser dans un total lâcher-prise, à faire des grimaces, à extérioriser sa joie de vivre sans se soucier du monde autour. Cette femme est un vent de printemps qui te dynamise.

    Pour la sortie de ma 1ère newsletter, j’ai pensé à son élan joyeux pour accompagner ma nouvelle aventure.

    Qui es-tu Audrey ?

    Je suis une femme multifacettes. Je me suis formée à la médecine traditionnelle chinoise et aux plantes des montagnes car il était important pour moi d’utiliser les plantes de chez moi en Haute-Savoie. Les aliments sont pour moi de vrais médicaments. J’utilise le rêve éveillé pour aller chercher les causes émotionnelles du patient afin de rééquilibrer le conscient et l’inconscient.

    Passionnée par mon métier, je me suis beaucoup intéressée à l’image du corps de la femme et d’elle-même. Parallèlement à mon chemin de développement personnel où je me suis ouverte à moi-même, j’ai commencé à proposer mes propres stages aux femmes en 2015, pour qu’elles prennent soin d’elles et qu’elles s’épanouissent. J’ai monté une expo photos sur la femme dans ses états émotionnels, afin de montrer qu’il est normal de traverser différentes émotions de par la cyclicité de ses hormones. J’ai coordonné un festival pour les femmes en 2017, puis je me suis associée avec l’association Féminaissance.

    Je danse avec ces passions et ma vie personnelle. Grâce à mes 3 enfants j’apprends l’humilité et la vulnérabilité. En tant que parents nous ne sommes qu’une partie de leur bonheur. Ils nous apprennent à accepter ce qu’ils sont et non ce que l’on voudrait qu’ils soient. Avec mon mari, j’apprends à jongler avec ma vie de femme, à trouver ma place en acceptant ou pas certaines choses, ce qu’est le couple, à distinguer lorsque l’égo ou les conditionnements prennent le dessus. La vie est une danse où j’apprends à être une femme, à écouter mes besoins, à me positionner, à être dans l’action.

    Quel est ton point de vue sur les femmes d’aujourd’hui ?

    Beaucoup de femmes se mentent à elles-mêmes. Elles se victimisent et se justifient en rejetant la faute sur les hommes et/ou les conditionnements de la société mais ce n’est pas pour autant qu’elles prennent leur responsabilité.

    La femme est complexe sur ce sujet. Elle n’aime pas qu’on la mette face à ses zones d’ombre. Elle va s’inventer beaucoup de choses, ce qui revient, pour moi, à se mentir à elle-même. Il est plus difficile pour elle d’être vulnérable et d’accepter qu’elle a une grande part d’égo. Lorsqu’elle acceptera sa zone d’ombre, elle acceptera celle des hommes.

    _ Céline : Ne penses-tu pas qu’il en va de même pour les hommes ?

     

    Audrey : À la différence, les hommes sont conscients de leur égo, l’acceptent et ne se justifient pas. C’est ce que l’on appelle communément la fierté masculine. On demande à l’homme d’être responsable depuis longtemps ce qui lui facilite cette tâche. Alors que la femme, même si ses responsabilités se sont étendues au niveau du travail, de sa place, de ses émotions, beaucoup n’acceptent pas leur fluctuation d’énergie dues aux hormones. La connaissance sur la rythmique du cycle menstruel féminin se répandant, sa mise en œuvre reste difficile pour beaucoup de femmes. Elles veulent avoir une énergie constante et linéaire pour être efficace. C’est là où est le mensonge pour moi.

    Ta définition de la « femme », du « féminin » et de la « féminité » :

    – La femme est ce qu’elle est physiologiquement, avec ses organes, son sexe, qui elle est.


    – Le féminin
     est un principe : yin/yang. Il peut être plus ou moins marqué comme le principe masculin chez une femme ou un homme.


    – La féminité : se rapporte à la femme. Comment elle vit dans son corps, avec ses différentes facettes, ses émotions, son cycle et tout ce qu’elle peut être

     

    Est-ce que le cycle menstruel est une partie indéniable de la femme ?

    Ca arrangerait beaucoup de femmes que de ne plus avoir leurs règles. Ce rapport n’est pas simple voir même problématique. Car ce n’est pas quelque chose de naturel, ni de simple, qu’elles sont contentes d’avoir. Ce processus est subi de par les douleurs, le flux abondant, la privation d’activités qui en découlent.

    Un cycle n’est jamais le même. Il y a plein d’idées fausses autour. On peut se demander pourquoi beaucoup de femmes pensent qu’il est normal d’avoir des douleurs pendant ses règles. Pourquoi l’endométriose apparaît avec ampleur ces dernières années ? L’image et les âges de la femme véhiculés par la société influent sur notre rapport à notre cycle.

    interview Audrey Loups

    Comment tu vis tes cycles menstruels ?

    La femme est là pour mettre dans la matière. Concrètement comment elle fait pour vivre son cycle dans son quotidien, quelles actions liées à ses besoins va-t-elle mettre en place.

    Les femmes sont devenues très intellectuelles et il est nécessaire aujourd’hui de les faire mettre dans la matière. En fonction de ce qu’elle aime, elle peut cuisiner, faire différents types de sport, c’est-à-dire créer par elle-même ses univers cycliques. Apprendre à s’écouter et comprendre comment elle fonctionne c’est ce à quoi sert le cycle.

    J’ai vécu la plus part de ma vie avec des cycles normaux, réguliers, sans douleurs. J’ai pris longtemps la pilule quand j’étais jeune  sans me poser de questions. C’était un outil de contraception car je ne voulais pas d’enfants et dès que j’en ai voulu j’ai arrêté. Je ne faisais pas de lien avec le cycle.

    J’ai essayé différentes pilules, l’anneau vaginal, l’implant, le patch, le stérilet en cuivre. Puis à un moment j’ai voulu enlever ce corps étranger. J’ai voulu aller plus loin avec une méthode naturelle qui est la symptothermie (méthode d’observation des périodes fertiles et infertiles avec la détection de l’ovulation), notamment parce que c’est une méthode de couple et pas seulement de femme.

    Mon mari m’a accompagné à toutes les réunions chez la sage-femme pour qu’il comprenne le fonctionnement de cette démarche et comment il pouvait s’impliquer. Cette méthode demande un vrai investissement au quotidien et la réutilisation du préservatif pendant plusieurs mois. Ça a été l’occasion de travailler sur mes cycles. Des douleurs sont apparues alors que je n’en avais pas avant. Mon corps me parle en m’envoyant des signes parce que je me suis mise à l’écouter. Parfois je sais que si j’ai eu un mois où j’ai été en colère il y a des chances que j’ai des douleurs pendant mes règles. 

    Que dirais-tu de la symptothermie ?

    Cette méthode permet de responsabiliser la femme vis-à-vis de son cycle. La pilule a été un miracle qui a permis la liberté sexuelle de la femme.

    Si la femme est célibataire, cette méthode lui permet de se découvrir et d’apprendre son fonctionnement.

    Si elle est en couple c’est une méthode qui se fait à deux et qui permet à l’homme de s’investir et de comprendre le cycle de la femme. Elle ouvre le dialogue et permet de mieux comprendre l’autre.

    Comment as-tu eu envie de transmettre aux femmes ?

    Ce n’est pas apparu comme une envie ou une volonté. Ce sont les femmes qui sont venues naturellement à moi me demander. Au début j’ai pris ça comme un jeu. J’adore passer du temps entre femmes !

    Aujourd’hui je constate qu’il y a une grande problématique dans l’union des principes masculin-féminin en chaque individu. Le travail se fait mais séparément, entre femmes ou entre hommes.

    Aujourd’hui le principe féminin (la mise en matière) est beaucoup mis en avant chez la femme, alors que son principe masculin (sa puissance, son égo, les masques qu’elle porte, la mise en action dans sa vie) beaucoup moins.

    J’ai envie de recréer du lien entre l’homme et la femme, le féminin et le masculin, pour qu’ils découvrent que “l’autre est comme eux non plutôt que l’autre est semblable, différent et complémentaire” (Voie du Tao), pour que chacun découvre son féminin et son masculin à l’intérieur. De cette ambition est naît l’envie d’organiser, avec mon mari, le festival masculin-féminin en décembre 2018 à Annecy. 

    Une recommandation ?

    – La part d’ombre du chercheur de lumière. Debbie Ford

    – Le pouvoir de la vulnérabilité. Brené Brown

    Evénements à venir :

    Audrey Loups

    Acupunctrice et diéthothérapeute 

    Cabinet : www.acudiet.fr
    2 Rue de Rumilly, 74000 Annecy
     
    Téléphone 06 64 11 73 33