Conversation avec … Audrey LOUPS

Diététicienne-nutritionniste, formée à la médecine traditionnelle chinoise comme acupunctrice et diéthothérapeute, Audrey Loups partage ses ambitions, sa vision de la Femme d’aujourd’hui et du cycle menstruel.

interview Audrey Loups

J’ai connu Audrey lors de la formation « Féminitude » de Monique Grande. C’est le genre de nana à qui t’as envie de ressembler, elle dégage ce petit « je ne sais quoi ». Si en fait je sais, ce qui m’a attirée en elle c’est sa facilité à être elle-même, à être en contact avec sa petite-fille intérieure avec qui j’ai l’impression qu’elle joue souvent. Je la revois danser dans un total lâcher-prise, à faire des grimaces, à extérioriser sa joie de vivre sans se soucier du monde autour. Cette femme est un vent de printemps qui te dynamise.

Pour la sortie de ma 1ère newsletter, j’ai pensé à son élan joyeux pour accompagner ma nouvelle aventure.

Qui es-tu Audrey ?

Je suis une femme multifacettes. Je me suis formée à la médecine traditionnelle chinoise et aux plantes des montagnes car il était important pour moi d’utiliser les plantes de chez moi en Haute-Savoie. Les aliments sont pour moi de vrais médicaments. J’utilise le rêve éveillé pour aller chercher les causes émotionnelles du patient afin de rééquilibrer le conscient et l’inconscient.

Passionnée par mon métier, je me suis beaucoup intéressée à l’image du corps de la femme et d’elle-même. Parallèlement à mon chemin de développement personnel où je me suis ouverte à moi-même, j’ai commencé à proposer mes propres stages aux femmes en 2015, pour qu’elles prennent soin d’elles et qu’elles s’épanouissent. J’ai monté une expo photos sur la femme dans ses états émotionnels, afin de montrer qu’il est normal de traverser différentes émotions de par la cyclicité de ses hormones. J’ai coordonné un festival pour les femmes en 2017, puis je me suis associée avec l’association Féminaissance.

Je danse avec ces passions et ma vie personnelle. Grâce à mes 3 enfants j’apprends l’humilité et la vulnérabilité. En tant que parents nous ne sommes qu’une partie de leur bonheur. Ils nous apprennent à accepter ce qu’ils sont et non ce que l’on voudrait qu’ils soient. Avec mon mari, j’apprends à jongler avec ma vie de femme, à trouver ma place en acceptant ou pas certaines choses, ce qu’est le couple, à distinguer lorsque l’égo ou les conditionnements prennent le dessus. La vie est une danse où j’apprends à être une femme, à écouter mes besoins, à me positionner, à être dans l’action.

Quel est ton point de vue sur les femmes d’aujourd’hui ?

Beaucoup de femmes se mentent à elles-mêmes. Elles se victimisent et se justifient en rejetant la faute sur les hommes et/ou les conditionnements de la société mais ce n’est pas pour autant qu’elles prennent leur responsabilité.

La femme est complexe sur ce sujet. Elle n’aime pas qu’on la mette face à ses zones d’ombre. Elle va s’inventer beaucoup de choses, ce qui revient, pour moi, à se mentir à elle-même. Il est plus difficile pour elle d’être vulnérable et d’accepter qu’elle a une grande part d’égo. Lorsqu’elle acceptera sa zone d’ombre, elle acceptera celle des hommes.

_ Céline : Ne penses-tu pas qu’il en va de même pour les hommes ?

 

Audrey : À la différence, les hommes sont conscients de leur égo, l’acceptent et ne se justifient pas. C’est ce que l’on appelle communément la fierté masculine. On demande à l’homme d’être responsable depuis longtemps ce qui lui facilite cette tâche. Alors que la femme, même si ses responsabilités se sont étendues au niveau du travail, de sa place, de ses émotions, beaucoup n’acceptent pas leur fluctuation d’énergie dues aux hormones. La connaissance sur la rythmique du cycle menstruel féminin se répandant, sa mise en œuvre reste difficile pour beaucoup de femmes. Elles veulent avoir une énergie constante et linéaire pour être efficace. C’est là où est le mensonge pour moi.

Ta définition de la « femme », du « féminin » et de la « féminité » :

– La femme est ce qu’elle est physiologiquement, avec ses organes, son sexe, qui elle est.


– Le féminin
 est un principe : yin/yang. Il peut être plus ou moins marqué comme le principe masculin chez une femme ou un homme.


– La féminité : se rapporte à la femme. Comment elle vit dans son corps, avec ses différentes facettes, ses émotions, son cycle et tout ce qu’elle peut être

 

Est-ce que le cycle menstruel est une partie indéniable de la femme ?

Ca arrangerait beaucoup de femmes que de ne plus avoir leurs règles. Ce rapport n’est pas simple voir même problématique. Car ce n’est pas quelque chose de naturel, ni de simple, qu’elles sont contentes d’avoir. Ce processus est subi de par les douleurs, le flux abondant, la privation d’activités qui en découlent.

Un cycle n’est jamais le même. Il y a plein d’idées fausses autour. On peut se demander pourquoi beaucoup de femmes pensent qu’il est normal d’avoir des douleurs pendant ses règles. Pourquoi l’endométriose apparaît avec ampleur ces dernières années ? L’image et les âges de la femme véhiculés par la société influent sur notre rapport à notre cycle.

interview Audrey Loups

Comment tu vis tes cycles menstruels ?

La femme est là pour mettre dans la matière. Concrètement comment elle fait pour vivre son cycle dans son quotidien, quelles actions liées à ses besoins va-t-elle mettre en place.

Les femmes sont devenues très intellectuelles et il est nécessaire aujourd’hui de les faire mettre dans la matière. En fonction de ce qu’elle aime, elle peut cuisiner, faire différents types de sport, c’est-à-dire créer par elle-même ses univers cycliques. Apprendre à s’écouter et comprendre comment elle fonctionne c’est ce à quoi sert le cycle.

J’ai vécu la plus part de ma vie avec des cycles normaux, réguliers, sans douleurs. J’ai pris longtemps la pilule quand j’étais jeune  sans me poser de questions. C’était un outil de contraception car je ne voulais pas d’enfants et dès que j’en ai voulu j’ai arrêté. Je ne faisais pas de lien avec le cycle.

J’ai essayé différentes pilules, l’anneau vaginal, l’implant, le patch, le stérilet en cuivre. Puis à un moment j’ai voulu enlever ce corps étranger. J’ai voulu aller plus loin avec une méthode naturelle qui est la symptothermie (méthode d’observation des périodes fertiles et infertiles avec la détection de l’ovulation), notamment parce que c’est une méthode de couple et pas seulement de femme.

Mon mari m’a accompagné à toutes les réunions chez la sage-femme pour qu’il comprenne le fonctionnement de cette démarche et comment il pouvait s’impliquer. Cette méthode demande un vrai investissement au quotidien et la réutilisation du préservatif pendant plusieurs mois. Ça a été l’occasion de travailler sur mes cycles. Des douleurs sont apparues alors que je n’en avais pas avant. Mon corps me parle en m’envoyant des signes parce que je me suis mise à l’écouter. Parfois je sais que si j’ai eu un mois où j’ai été en colère il y a des chances que j’ai des douleurs pendant mes règles. 

Que dirais-tu de la symptothermie ?

Cette méthode permet de responsabiliser la femme vis-à-vis de son cycle. La pilule a été un miracle qui a permis la liberté sexuelle de la femme.

Si la femme est célibataire, cette méthode lui permet de se découvrir et d’apprendre son fonctionnement.

Si elle est en couple c’est une méthode qui se fait à deux et qui permet à l’homme de s’investir et de comprendre le cycle de la femme. Elle ouvre le dialogue et permet de mieux comprendre l’autre.

Comment as-tu eu envie de transmettre aux femmes ?

Ce n’est pas apparu comme une envie ou une volonté. Ce sont les femmes qui sont venues naturellement à moi me demander. Au début j’ai pris ça comme un jeu. J’adore passer du temps entre femmes !

Aujourd’hui je constate qu’il y a une grande problématique dans l’union des principes masculin-féminin en chaque individu. Le travail se fait mais séparément, entre femmes ou entre hommes.

Aujourd’hui le principe féminin (la mise en matière) est beaucoup mis en avant chez la femme, alors que son principe masculin (sa puissance, son égo, les masques qu’elle porte, la mise en action dans sa vie) beaucoup moins.

J’ai envie de recréer du lien entre l’homme et la femme, le féminin et le masculin, pour qu’ils découvrent que “l’autre est comme eux non plutôt que l’autre est semblable, différent et complémentaire” (Voie du Tao), pour que chacun découvre son féminin et son masculin à l’intérieur. De cette ambition est naît l’envie d’organiser, avec mon mari, le festival masculin-féminin en décembre 2018 à Annecy. 

Une recommandation ?

– La part d’ombre du chercheur de lumière. Debbie Ford

– Le pouvoir de la vulnérabilité. Brené Brown

Evénements à venir :

Audrey Loups

Acupunctrice et diéthothérapeute 

Cabinet : www.acudiet.fr
2 Rue de Rumilly, 74000 Annecy
 
Téléphone 06 64 11 73 33

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